Massif Central Ferroviaire: Actualités

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Actualités 2020 : 19 nouvelles
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Date
Objet
23/12/2020

La Grande Décélération.

n° 674


1821
, il y a 200 ans : en mai, mourrait Napoléon à Sainte Hélène et naissait le chemin de fer en France. C'est ce mois-là que Louis-Antoine Beaunier fit la demande de concession d'une ligne de Saint Etienne à Andrézieux. Depuis, le chemin de fer, dans notre pays, a évolué de manière parabolique. L'ascension, jusqu'à la Première Guerre Mondiale. Un plateau concave juqu'au milieu du XXème siècle. Enfin, une grande décélération au moment où se produisait dans le monde la Grande Accélération technologique et globalisée, si néfaste pour l'environnement.




En gare de Montfavet (Vaucluse), l'état pitoyable du poste de pesée symbolise l'abandon sans état d'âme du trafic fret local à partir des années 1970.
Une véritable scène de crime, qui n'indispose en rien la SNCF.


Photo du 17 décembre 2020

Avec la SNCF (et la bénédiction de l'Etat), règne désormais le toujours moins : toujours moins de lignes, toujours moins de dessertes, toujours moins de matériel, toujours moins d'entretien, toujours moins de cheminots, toujours moins de qualité de service, etc... La sécurité semble assurée, mais, justement, un train supprimé est un train qui ne déraille pas.

Cependant, le TGV, c'est plutôt une avancée, non? Oui, pour les majors du BTP dont il a constitué une rente et pour le soldat Alstom qu'il a contribué à sauver (provisoirement). Son développement a asséché le réseau classique, à présent en lambeaux. Les quelques milliards (pas du tout magiques, juste un coup de pouce à l'emploi et au PIB) affectés (sur le long terme) à sa régénération n'y feront rien, sa dégradation continuera de progresser. Quand on "investit", c'est pour amoindrir, comme le démontre le passage en voie unique d'une partie de la ligne Nantes - Bordeaux, une artère structurante s'il en est. Ici comme ailleurs : no future. Certes, joindre Paris à Lyon ou à Nantes reste possible (à un prix qui ressort du jeu de grattage), mais se rendre d'une province à l'autre (même voisine) est devenu un parcours du combattant, qui ne laisse le plus souvent d'autre choix que de prendre la route ou de rester chez soi. Qui n'en fait pas l'amère et régulière expérience?

Cependant, la périphérie des grandes métropoles a besoin des "trains de banlieue", non? Oui, mais au prix de stations bétonnées, de rames taguées, d'une sureté toute relative et de perturbations récurrentes. Et que dire des grèves à répétition, dont on ne connaît généralement pas le motif, sans doute parce qu'il est inavouable. La possibilité de télétravailler va en faire réfléchir plus d'un.

Bref, prendre le train ne fait pas envie, même aux plus ardents défenseurs du rail. Et l'actuel président de la SNCF, dans la droite ligne de son prédécesseur, ne sort pas de la com' incantatoire et se met à promettre sur les plateaux télé que tout ira mieux demain grâce aux nouvelles technologies dans une entreprise où tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil.

On ne se consolera pas en constatant que l'état de certaines routes nationales ne vaut pas mieux que celui des voies ferrées de desserte fine du territoire, et que Bercy étrangle les hôpitaux avec la même hargne que le chemin de fer. En un mot, faute de moyens, l'Etat, hyperendetté, n'a plus d'ambitions. Le déclassement est à nos portes. La SNCF, avec OuiGo, a déjà réinventé la troisième classe.

Plus d'info / source : 
22/11/2020

Garabit de lumière.

n° 673

On sait que le très ferroviaire lac de Charpal, en Lozère, contribue à l'alimentation en eau de la Ville de Mende. Ce que l'on sait moins, c'est qu'une partie du volume retenu rejoint, via une conduite souterraine, la vallée de la Truyère en amont de Garabit pour être turbinée par l'usine hydroélectrique du barrage de Grandval.

Photo du 1er octobre 2020

Les livres ferroviaires réédités sont rares. Ceux écrits par une femme le sont davantage encore. Qui plus est, c'est une cantalouse, réélue maire de Coren les Eaux (sur l'ancienne ligne Brioude - Saint Flour), qui signe cet ouvrage :



Ce n'est pas le premier opuscule consacré au Viaduc de Garabit, mais celui-ci jette un regard contemporain, sur le fond et dans la forme, sur le Chef d'œuvre de Gustave Eiffel.

L'auteure, Patricia Vergne Roches, ne s'adresse pas aux compteurs de rivets, mais aux amateurs éclairés, pour qui elle resitue le contexte historique et géographique du "plus gigantesque travail du monde". La saga récente du viaduc n'est pas non plus passée sous silence, avec celle de ses successeurs autoroutiers de l'A 75. La présentation est soignée, l'iconographie abondante, et le papier agréable : c'est presque un beau livre.

Reste que notre Centenaire n'a plus une santé de fer. Des fissures ont été repérées et l'étonnant rouge Gauguin appliqué dans les années 1990 a viré au rose pâle. Une remise en peinture s'impose déjà, car la rouille gagne. Un entretien qui se chiffre en dizaines de millions d'euros : que ceux qui sont prêts à mettre la main à la poche lèvent le doigt!

PS : les premier(e)s magistrat(e)s auraient-ils la plume ferroviaire? On peut se le demander, quand on sait que l'ancien maire de Prades, l'actuel "hôte de Matignon", est le signataire d'une brochure sur "la ligne de chemin de fer de Perpignan à Villefranche".

Plus d'info / source : Patricia VERGNE ROCHES. Le Viaduc de Garabit, Chef d'œuvre de Gustave Eiffel. 160 pages. Editions La Vie du Rail. 19 €.
25/10/2020

Les maisonnettes mignonnettes de la Montagne Bourbonnaise.

n° 672

Elaborée par l'entreprise François Mercier, la partie "montagnarde" des Chemins de Fer du Centre (CFC) constituait un réseau homogène, techniquement avancé. Le long de ses lignes à voie métrique, au parcours très contraint mais toujours en site propre, on trouvait un ensemble de stations à la typologie bien documentée, mais aussi un certain nombre de maisonnettes doubles en équerre, souvent perdues au milieu de nulle part. Ce n'était ni des points d'arrêt, matérialisés par un simple poteau, ni des passages à niveau, exceptionnels sur les voies ferrées d'intérêt local. Il s'agissait en fait de maisons cantonnières destinées aux ouvriers de la voie, voire d'usines élévatoires dispersées le long de tracés au profil sévère.

Plus d'un siècle après leur construction, malgré diverses extensions, on peut encore admirer ces petits bâtiments soignés, dont les chaînages en brique, les soubassements en pierres polygonales et les tuiles de rives décorées trahissent l'origine ferroviaire.


Le Mayet de Montagne sud.Le Mayet de Montagne nord.


Lavoine.Comparaison avec la classique station de type 4, ici restaurée (la Tuilière) : les faîtages perpendiculaires ne sont pas jointifs.


la Chaussessy (Saint Just en Chevalet).Empuré (la Tuilière).


Plus d'info / source : Clichés septembre 2020.
05/09/2020

150 ans du Cévenol : citation au-dessus de Chapeauroux.

n° 671

Jadis, au-dessus du viaduc de Chapeauroux, une belle et rude calade, en forte rampe, joignait, dans un univers minéral, le hameau du Nouveau Monde, au bord de l'Allier, à celui du Thord, 200 m plus haut, sur le plateau basaltique. Aujourd'hui, cet ancien chemin muletier, bien que très dégradé par endroit, reste ouvert aux randonneurs parcourant le GR 470 ou la PR 392. En cours de progression, les plus vigilants remarqueront, sur le sol, une plaque de métal sur laquelle transparaît un texte mémoriel :



Cliché du 5 septembre 2020.

Ces phrases évoquent bien évidemment les héros oubliés du Brioude - Alais, à qui l'on doit ce long ruban de belles pierres maçonnées avec le plus grand art.

Cerise sur le gâteau, cette randonnée, à faire le matin de préférence pour bénéficier du meilleur éclairage (et, l'été, d'un peu de fraîcheur), offre une vue imprenable sur la ligne des Cévennes depuis le viaduc du Thord jusqu'à celui de Chapeauroux, avec les ouvrages intermédiaires de l'Estang.

Nous sommes ici sur le territoire de la commune altiligérienne de Saint Haon, dont le cimetière recèle une sépulture en forme de wagonnet, où repose l'un des entrepeneurs de ce chantier colossal : Paul Redon.

"Le Nouveau Monde" : une promesse à laquelle chacun croyait alors, tant les progrès de l'époque étaient palpables dans tous les domaines et cachaient encore des limites et des travers qui font que, 150 ans plus tard, plus personne en France ne croit au monde d'après et aux jours heureux prédits par le premier magistrat du pays.

La chaussée dont il est question ici serait la "descendante" (dans tous les sens du terme) de la voie romaine "Agrippa" Lyon - Toulouse qui franchissait ici l'Allier. Comme plus tard la N 88 dans son tracé historique et l'autorail Lyon - Toulouse des belles années de la SNCF. Oui, Chapeauroux représente bien un point singulier de notre géographie.

Plus d'info / source : Se repérer : https://www.geoportail.gouv.fr
22/08/2020

Des dessertes à la dérive.

n° 670
Cela ressemble à la dérive des continents : c'est comme si, ferroviairement, la plaque Nouvelle Aquitaine s'éloignait de la plaque Auvergne-Rhône-Alpes, l'axe volcanique du Massif Central délimitant les zones de divergence. Ainsi, il est peu à peu devenu impossible de relier en train Lyon à Limoges ou Bordeaux à Clermont Ferrand. Et, en même temps que ces liaisons entre métropoles, ont disparu les possibilités de cabotage entre les arrêts intermédiaires.

2 décembre 2017. Le dernier 4496 sous pavillon Intercités, pâle héritier du "Ventadour", s'apprête à quitter Bordeaux_Saint Jean. Limité à Ussel depuis 2014, il tombera en panne et ne dépassera pas... Coutras!


Voici quelques dates marquantes de cette descente aux enfers :

1994 - Dérégularisation du "Ventadour", qui acheminait, l'été, des voitures Lyon - Arcachon. Il sera bientôt scindé en deux convois accomplissant les trajets Lyon - Clermont et Clermont Bordeaux. A noter que, service après service, et jusqu'à nos jours, des détentes horaires seront introduites, ramenant parfois les temps de parcours au delà de ce qu'ils étaient à l'époque de la vapeur. Sur le papier, car la qualité de service (grèves, pannes, indisponibilité du matériel ou du personnel, etc...) va à son tour vaciller.

2013 - L'Intercités quotidien Bordeaux - Lyon via Montluçon, unique descendant des relations diurnes assurées en RTG et du train de nuit (qui fut doublé l'été par un Saint Gervais - la Rochelle) est limité à... Limoges! Jusque là, un changement à Gannat permettait l'accès à Clermont Ferrand.

2014 - L'Intercités hebdomadaire Bordeaux - Clermont est limité à Ussel.

2017 - La Région Nouvelle Aquitaine assume les défunts Intercités sous la forme d'un TER Bordeaux - Montluçon (avec, en principe, une correspondance plus ou moins élastique vers l'est) et un TER Bordeaux - Ussel le week-end (avec une hypothétique continuation en car vers Clermont). Au total, entre la Gironde, la Limagne et le Lyonnais, des liaisons symboliques, lentes, malcommodes, multimodales et introuvables sur les media (fiches horaires régionales ou internet). Un voyage à risques en vérité : un réel parcours du combattant.

2021 - Le TER au long cours Bordeaux - Montluçon devrait être fragmenté et plus aucune correspondance assurée à Montluçon.

Sans attendre 2021, par exemple entre Clermont et Bordeaux, les moteurs de recherche proposent des parcours ubuesques via Paris_Bercy, Paris_Montparnasse, Lyon_Part Dieu, Paris_Gare de Lyon, Nevers et Saint Pierre des Corps (avec les prix et les durées - jusqu'à 18 heures - qui vont avec). Un affront fait au bon sens, à la géographie et surtout à la "justice distributive", chère à la Troisième République. En France, la fracture sociale se double d'un fracture territoriale qui voit le chemin de fer désormais incapable de relier deux Régions voisines. Selon que vous souhaiterez voyager du nord au sud ou d'est en ouest, vous disposerez de TGV cadencés ou de "services librement organisés" totalement aléatoires.

Monestier Merlines (Corrèze), ligne Brive - Clermont, PN 275 : ici, ça sent le sapin! Naguère, on avait le choix entre prendre sa voiture ou pas : la preuve.

Photo Roland Denis - 21 août 2020

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17/08/2020

Le Réseau SNCF bientôt confié à l'ONF ?

n° 669
Déconfinés, les vacanciers n'ont jamais été aussi nombreux en Auvergne. Et parmi ceux qui se sont pressés au pied du Sancy, certains n'ont pas été sans remarquer l'état d'abandon sidérant du plateau de la gare du Mont Dore, et ils l'ont fait savoir. Celui-là parle de "cimetière ferroviaire", tel autre évoque "Tchernobyl sans les radiations".

Quant à la SNCF : même pas honte! Il faut dire que, placée au bord du gouffre par les grèves de l'hiver, elle y a été précipitée par la pandémie du printemps . Et comme tant d'autres, elle n'est pas prête de se relever.

C'est comme si une Troisième Guerre Mondiale avait placé les nations dans une situation sanitaire, économique et sociale qu'elles mettront des années à redresser, en admettant que le chaos provoqué par le déréglement climatique, l'effondrement de la biodiversité et la pollution généralisée leur en laisse le temps.


Photo Roland DENIS - 17 août 2020
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22/07/2020

Chemins à Fer 2020 dans la Montagne Bourbonnaise

n° 668

Rappel : Chemins à Fer pratique l’archéologie ferroviaire et réunit chaque année passionnés et curieux lors d’un séjour enrichissant et convivial. Ordinairement, ce rassemblement a lieu pendant le Pont de l'Ascension. Cette année, en raison de la pandémie, la sortie de Chemins à Fer a été reportée et se déroulera du jeudi 24 au dimanche 27 septembre 2020 dans la Montagne Bourbonnaise. Le point central du séjour se trouvera au Mayet de Montagne.



Le Mayet de Montagne (Allier) : une gare, deux réseaux. De quoi devenir complètement marteau!

Document Bernard IBRY

Les participants pourront arpenter les vestiges des anciens chemins de fer départementaux qui desservaient la Montagne Bourbonnaise, entre Allier et Loire, à grand renfort de courbes et contre-courbes, rampes démentielles, haltes perdues, gares restaurées avec amour, viaducs en béton ou en maçonnerie, tous grandioses.

La participation est gratuite, et accessible sur tout ou partie du séjour. Le programme est en cours de finalisation et sera communiqué d’ici mi-août.



Sortie 2019 dans le Gers : deux "spécialistes" examinent une traverse abandonnée le long de la section déferrée Condom - Eauze de l'ancienne ligne de Port Sainte Marie à Riscle.

Plus d'info / source : L’association est joignable au 06 45 40 01 51 et cheminsafer@gmail.com pour toute question.
21/06/2020

Bonnes feuilles : pas peu fier de ses pierres.

n° 666

Génie des grands viaducs, surnommé l'Eiffel des ponts de pierre, l'ingénieur et concepteur Paul Séjourné a publié entre 1913 et 1916 les six volumes d'une œuvre magistrale, intitulée Grandes Voûtes. En voici deux courts morceaux choisis en forme de profession de foi :

Un peu plus loin, notre auteur enfonce le clou, ce qui est un comble pour un maçon aussi éminent :

On ne saurait traiter de partisan celui qui a dit : "on n'a pas le droit de faire laid". L'ennui, c'est qu'il n'a pas toujours été écouté.

PS (*) : notre homme ne pipe mot sur le béton, alors dans son adolescence.

(*) PS : Post-Scriptum ou Paul Séjourné?


Plus d'info / source : Documents aimablement communiqués par Bernard LACOTTE.
08/06/2020

Mieux vaut tard que jamais.

n° 667
Naguère, on attendait d'avoir régénéré une ligne pour la fermer quelques mois plus tard. A présent, c'est après la suspension du trafic voyageurs que l'on entame les travaux de rénovation des gares.

A gauche, le BV de la Bourboule, sous la maîtrise d'ouvrage de Gare & Connexions, se refait une beauté pour mieux dissimuler ses guichets fermés.


Document Jean-Marie BORGEAIS. 8 juin 2020.
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11/05/2020

Les trains de François Mauriac (1885-1970).

n° 665

Bon nombre des romans de François Mauriac ont pour cadre les Landes de Gironde au début du XXèmesiècle. C'était l'âge d'or des chemins de fer départementaux et en particulier ceux qui, à voie normale, desservaient en arc de cercle l'ouest et le sud de Bordeaux. Y prospérait alors, dans l'exploitation de domaines forestiers, une bourgeoisie empesée, "lourde de secrets étouffés", jamais éloignée des soutanes. Les "voitures à pétrole" étaient encore rares, et, au fil des chapitres, les protagonistes se faisaient conduire ou chercher en calèche dans des gares au nom à peine maquillé. Il faut dire que le futur écrivain avait passé toutes ses vacances à Saint Symphorien, le site central des Chemins de Fer Economiques de Gironde, dont la période d'exploitation, de 1873 à 1978, embrasse toute la vie de l'académicien.


Mais il ne s'agit pas ici de relire "Thérèse Desqueyroux", mais de découvrir un nouvel opus mariant une riche iconographie à la description minutieuse du patrimoine technique d'un réseau porté à 274 km et exploité par la Société Générale des Chemins de Fer Economiques (SE).

Si, au niveau des bâtiments, on retrouvait des plans-types déjà appliqués dans l'Allier, le matériel était beaucoup plus original, par exemple ces voitures rachetées d'occasion au... Métro de Londres.

Le réseau attendra la mort de Claude François et le naufrage de l'Amoco Cadiz pour mettre la clé sous la porte, malgré le potentiel touristique de deux lignes tournées vers la côte : Bordeaux - Lacanau_Océan et Facture - Arès, dont le prolongement jamais réalisé jusqu'au Cap Ferret aurait permis de ceindre le très prisé Bassin d'Arcachon. Les plates-formes ont, pour la plupart, été reconverties en voies vertes.

Pour autant, au plan ferroviaire, tout n'est pas perdu pour l'immense pignada, où pourrait s'ouvrir un tracé facile pour la future (?) LGV Bordeaux Toulouse / Dax, dont la Déclaration d'Utilité Publique, sans cesse annulée, est sans cesse rétablie.

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24/04/2020

Château d'eau, château d'hommes : c'était le Massif Central.

n° 664

On élève souvent le Massif Central à la dignité de château d'eau de la France. Jean Anglade* nous rappelle que ce fut aussi "un château d'hommes, (qui) sont partis par tous les moyens possibles, à cheval, à dos d'âne et de mulet, en sapinière sur l'Allier,en gabarres sur le Lot. Mais surtout à pied."

Tandis que les sècheresses récurrentes vident les cours d'eau issus des hauts plateaux, l'émigration a déjà siphonné la population de ces territoires ingrats. Il ne reste plus que des sous-préfectures atones au milieu de cantons exsangues. Dès lors, quelle pertinence y-a-t-il à les desservir par un chemin de fer? Ce relief incongru surgi mal à propos au milieu d'un pays fertile, ce magma informe et gênant impropre aux rendements élevés, n'a plus vocation qu'à être lacéré par quelques autoroutes traversantes, où il ne viendrait à personne l'idée de faire halte.

Le Bourbonnais, province oubliée, qu'aucun enseignant ne sait plus situer, vient illustrer cette situation. D'un côté, la ligne Commentry - Moulins, conçue pour une double voie et jadis parcourue par des rapides**, vient d'être administrativement fermée, après des années d'abandon et de mutilations. De l'autre, parallèle à la voie ferrée déchue, l'autoroute A 79 en construction, destinée à relier d'une traite l'Atlantique à l'Oural, sans voir l'ombre d'un clocher.

En fait, s'ils en avaient eu les moyens, afin de connecter efficacement entre elles les terres promises de la mondialisation heureuse, c'est en tunnel que les ingénieurs auraient souhaité voir leurs voies rapides transpercer le Massif Central. Afin que, comme les corbeaux qui volent sur le dos, nul ne puisse y distinguer la misère.


Plus d'info / source : * La vie quotidienne dans le Massif Central au XIXe siècle, 1974, page 37.
** Document Jean-Marie BORGEAIS (1933).
18/03/2020

Le viaduc du Luech vu du ciel.

n° 663

En 1869, un contemporain écrivait : "Le viaduc est fort long, et il est relativement élevé, à peu près la hauteur du Pont du Gard. Il se marie admirablement avec la nature charmante qui lui sert de cadre. On se demande, tant il est bien à sa place, si c'est lui qui a été construit pour orner cette vallée et ces montagnes, ou si c'est le paysage qui a été créé pour lui servir de fond et d'arrière-plan."



La ligne des Cévennes célèbre, on le sait, ses 150 ans en 2020. Malheureusement, le coronavirus s'est invité à la fête, et les premières manifestations ont du être annulées. Tout ne semble pas perdu pour autant, et on pourra vérifier l'évolution du calendrier sur le site : www.150anstraincevenol.info.



Plus d'info / source : Photos Christophe BENOIST. 26 octobre 2018.
17/02/2020

Table rase.

n° 662



Etranglée financièrement, la SNCF valorise son patrimoine à coup de pelle mécanique. Ici, le BV de Nérondes, sur la ligne Vierzon - Saincaize, vient d'être rasé, au terme d'une longue attente dans le couloir de la mort, qu'ouvre, pour tous les établissements, la fermeture des guichets. Pas très loin, la halle d'Avord a été pareillement liquidée.


Photo Pascal PETIT - 14 février 2020
Montrée du doigt pour être le premier utilisateur de glyphosate en France, la SNCF a trouvé la parade : suspendre le trafic pour d'opportunes raisons d'état des installations fixes ou d'incompatibilité du matériel roulant. Ici, en gare de Bourg Lastic_Messeix, dans le Puy de Dôme, le greenwashing a commencé il y a six ans.



Photo Roland DENIS - 8 février 2020
A Béziers, en raison de la permanence des grèves, des travaux ou des intempéries, les trains donnent l'impression de ne plus circuler que sporadiquement. Alors les gens ont pris l'habitude de ne plus penser au chemin de fer qu'à l'imparfait, à tel point qu'une fresque commémorative orne désormais un pignon d'une petite rue du centre-ville, loin des quais. Son titre : arrivée du train en gare du Midi, Béziers, 1857.
Qui plus est, le chaos climatique prenant de plus en plus ses marques, la section littorale Sète - Agde longeant la mer est condamnée à court ou moyen terme.




Photo Yvan ALIX - 9 février 2020
Plus d'info / source : 
07/02/2020

Cartes postales du Sud France.

n° 661

C'est le 4 juin 1949 que circula le tout dernier train sur la toute dernière section du réseau du littoral des Chemins de fer de Provence (CP) : une navette ouvrière entre la Foux et Saint Tropez. La ligne emblèmatique de ce réseau d'Intérêt Local, exploité par la Compagnie des Chemins de fer du Sud de la France (SF), reliait Toulon et Hyères à Saint Raphaël, le long de la côte varoise.
Que reste-t-il aujourd'hui de cette infrastructure à voie métrique dans une région dévastée par la promotion immobilière et gangrenée par la congestion routière? Le linéaire est presque partout identifiable, hormis au cœur des trois plus grandes villes citées, où les aménageurs ont fait des ravages. Là où la plate-forme n'est pas devenue un parcours cyclable, elle est devenue un cheminement le plus souvent agréable à découvrir. Au niveau de la Corniche des Maures, le tracé a l'intérêt de devenir quasiment montagnard, tout en s'éloignant parfois des routes. Allons-y voir.


La commune du Lavandou avait l'avantage de compter neuf gares, stations, haltes ou points d'arrêt, échelonnés sur une dizaine de kilomètres, souvent au droit des plages. Aujourd'hui, c'est un "petit train" automobile qui parcourt la plate-forme bitumée, réservée aux modes doux, pour distribuer ou ramasser les estivants. A gauche, la halte de la Fossette_Aiguebelle est située au pk 25+659 depuis Hyères_Echange. A droite, la station de Cavalière (pk 28+578) abrite la mairie annexe.


Nous voici sur le territoire de Rayol Canadel sur Mer. A gauche, la tranchée consécutive au tunnel de Malpagne est en cours de "mise en sécurité" pour la bagatelle de 606.000 € : un bonheur inconnu des petites lignes de la SNCF, suspendues les unes après les autres. A droite, le pont des Suisses a été restauré : il conduit au fameux jardin botanique du Rayol, dans un quartier où vécut le jeune Jacques Chirac pendant la dernière guerre.


Terminons la balade à Cavalaire sur Mer, où certaines tranchées, profondes, sont sujettes à des éboulements. A gauche, la halte du Dattier (pk 36+588) est devenu un endroit très privé, au milieu des mimosas. A droite, le tunnel de Bonporteau (245 m, pk 36+900) est éclairé et permet l'accès aux propriétés locales.

Plus d'info / source : Photos des 5 et 6 février 2020.
19/01/2020

Ouest Corrèze : l'Aventure du Rail.

n° 660

Il s'agit d'un livret d'exposition. C'est en fait une "somme", fruit de contributions qualifiées, où le texte est illustré par de nombreuses photos et relevé par de non moins nombreuses cartes.


Sur le site en référence, il est possible de découvrir cet ouvrage en tournant les pages du calamiteux Calameo, à la lecture peu confortable. Heureusement, pour une modique somme, il est possible de se procurer la version papier, que pourront toujours feuilleter les générations à venir, quand toutes les lignes convergeant encore vers Brive seront représentées par des tirets.

Plus d'info / source : www.vezereardoise.fr. Le livret est à 10 € + 3,52 € de frais de port.
18/01/2020

Réseau IL du Puy de Dôme : adopté puis avorté.

n° 659


Le Puy de Dôme est l'un des départements que le "siècle des petits trains" a le moins pourvu en lignes d'Intérêt Local. Trois sections furent pourtant ouvertes précocement : Vertaizon - Billom en 1875, Gerzat - Maringues en 1889 et Riom - Volvic en 1890. 47 km et puis plus rien, ou presque.

Le document suivant montre que le Conseil Général avait néanmoins prévu de couvrir la Basse Auvergne d'un réseau d'un demi-millier de kilomètres, et ce, bien avant le tournant de la Grande Guerre.



Ce plan ambitieux - pour ne pas dire démentiel - n'aboutira qu'à la mise en service de deux courtes antennes bien éloignées de l'image que l'on se fait du tacot se tortillant de canton en canton : le très particulier chemin de fer du Puy de Dôme et la liaison... PLM à voie normale Riom - Châtel Guyon, soit une vingtaine de kilomètres.

On peut s'amuser à tracer ce réseau fantasmagorique sur une vieille carte Michelin (forcément) et s'apercevoir que ces baguettes de Mikado jetées sur les Combrailles, les Couzes et le Livradois n'avaient pas vraiment de centre de gravité, condition nécessaire à une exploitation un tant soit peu rationnelle. En bas de liste, le "Service de Voitures automobiles" susurre que le vers est déjà dans le fruit.

En 2020, le sud du département n'est plus traversé que par la double voie Clermont Ferrand - Arvant, permettant encore l'accès direct à Nîmes, au Puy et à Aurillac, entre deux grèves, et hors suspension pour travaux. Autrement dit, pas très souvent.

Plus d'info / source : Document Jean-Marie BORGEAIS.
Remarque : la ligne interdépartementale à voie métrique Sancoins - Lapeyrouse était d'Intérêt Général.

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Dernière mise à jour de cette page: le 16/08/2021