Massif Central Ferroviaire 
Les Viaducs sont les Châteaux de la Loire du Massif Central
Bonjour, et bienvenue aux internautes qui s'intéressent à l'histoire, à la géographie, au patrimoine, aux paysages et à l'avenir ferroviaires du Massif Central.
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Patrimoine
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N° 334  du 01/07/2026
 
L'actualité du 22/06/2026
 
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La photo du mois
:


Quand une halle se fait remise... A Estivareilles, le quai découvert a été décaissé pour livrer passage à une voie gagnant un abri sûr pour le matériel. Les vantaux ont été allongés en conséquence.

Photo réalisée le
18/07/2024 par Georges TURPIN.

  • Ardèche : le Pouzin 1 2 3 4 5 6. [6 photos]

  • Aude : Castelnaudary, Villeneuve la Comptal, Montauriol, Peyrefitte sur l'Hers, Mayreville, Pécharic et le Py, Plaigne. [7 photos]

  • Aveyron : Laissac Sévérac l'Eglise 1 2 3 4 5 6 7, Valady 1 2, Boisse Penchot 1 2 3. [11 photos]

  • Creuse : Toulx Sainte Croix 1 2, Saint Fiel, Glénic 1 2 3, Genouillac 1 2 3 4. [11 photos]

  • Dordogne : Pechs de l'Espérance. [1 photo]

  • Haute Garonne : Saint Jory. [1 photo]

  • Gironde : la Réole. [1 photo]

  • Hérault : Béziers, Boujan sur Libron. [3 photos]

  • Indre : Thenay, Ciron 1 2 3 4, Ruffec, Saint Hilaire sur Benaize 1 2 3 4, Mauvières. [13 photos]

  • Loire : Noirétable 1 2 3 4 5 6. [6 photos]

  • Loiret : Rebréchien, le Malesherbois. [3 photos]

  • Rhône : Sain Bel 1 2 3, Villeurbanne 1 2 3 4. [5 photos]

  • Ont contribué à cette édition : Christophe BENOIST, Dieudonné Michel COSTES, Pierre EVRARD, Florian LAVAL, Georges TURPIN.

  • La présente édition est illustrée par plus de 17254 photos.

  • La présente édition est liée à une base de données comptant 21592 entrées.

  • Le n° 335 paraîtra le 01/08/2026
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    Ecrivains, journalistes, élèves, étudiants, tous les rédacteurs vont pouvoir mettre leur matière grise sur pause.

    C'est une excellente question d'histoire ferroviaire locale. La ligne de Bourganeuf à Felletin est un projet fantôme typique de l'ambition — parfois démesurée — du réseau secondaire français de la fin du XIXe siècle.

    Voici ce que l'on sait de ce projet avorté :

    1. L'origine : le Plan Freycinet (1879)

    Promulgué par la loi du 17 juillet 1879 sous l'impulsion de Charles de Freycinet, ce plan monumental visait à désenclaver les campagnes françaises en amenant le chemin de fer dans chaque sous-préfecture et chef-lieu de canton.

    Dans ce catalogue national, la ligne est officiellement inscrite sous le numéro 103 avec l'intitulé suivant : « Felletin à Bourganeuf » (estimée à l'époque à environ 45 kilomètres).

    L'objectif économique initial était double :

  • Relier deux bassins industriels et artisanaux de la Creuse (le pôle tapissier/maçon de Felletin-Aubusson et le pôle minier/textile de Bourganeuf).
  • Créer un axe transversal est-ouest à travers le sud de la Creuse, évitant de devoir remonter par Guéret ou Busseau-sur-Creuse.
  • 2. Une concession fantôme (1883 - 1893)

    À cette époque, Bourganeuf vient tout juste d'obtenir son désenclavement par le nord grâce à la courte ligne venant de Vieilleville (ouverte en août 1883). Felletin, de son côté, est reliée à Busseau-sur-Creuse. Le projet "Freycinet n°103" devait faire la jonction entre ces deux culs-de-sac ferroviaires.

    L'État attribue d'abord la concession provisoire de cette liaison à la puissante Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans (PO) en 1883. Dix ans plus tard, le 20 mars 1893, une loi valide définitivement la concession à titre "éventuel".

    3. Pourquoi n'a-t-elle jamais été construite ?

    Malgré les pressions des élus locaux, le projet s'est heurté à plusieurs réalités fatales :

  • Le relief du plateau de Millevaches :
    Le profil topographique pour relier Bourganeuf à Felletin en ligne droite exigeait d'importants ouvrages d'art (viaducs, tunnels) et de fortes rampes pour traverser les contreforts du Massif central. Le coût kilométrique réel s'est avéré bien supérieur aux estimations du plan initial.
  • Le manque de rentabilité prévisible : entre ces deux bourgs, la densité de population était très faible. Le trafic local de marchandises (bois, bétail) ne justifiait pas un tel investissement pour la Compagnie du PO, qui traînait des pieds.
  • La concurrence d'autres priorités : la Compagnie et l'État ont préféré concentrer leurs efforts et leurs budgets sur des axes jugés plus stratégiques (comme la ligne Felletin-Ussel, qui fut, elle, construite et ouverte en 1905).
  • 4. L'abandon officiel (1913)

    À l'aube de la Première Guerre mondiale, l'État rationnalise ses dépenses ferroviaires et acte l'échec de dizaines de projets Freycinet jamais commencés. Une convention signée le 20 février 1913 entre le ministère des Travaux publics et la Compagnie du PO annule purement et simplement la concession de la ligne Bourganeuf-Felletin. Cette annulation est entérinée par une loi le 7 juillet 1913, enterrant définitivement le projet. Aucun coup de pioche n'aura été donné.

    Aujourd'hui, l'autocar de la ligne régionale Nouvelle-Aquitaine effectue quotidiennement ce trajet que les ingénieurs du XIXe siècle imaginaient voir parcouru par des locomotives à vapeur.
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